Dossier de philosophie   

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LA CONSCIENCE

 

                    Le  rapport Conscience Humaine et Conscience Animale

par TESSIER Charlotte et PRATI Adeline

Terminale STT - IG

 


RAPPORT  D’ACTIVITE

En tant qu’élèves de Terminale STT, notre professeur de philosophie nous a demandé d’élaborer un dossier sur le thème de la conscience.

Le sujet fut « le rapport conscience humaine et conscience animale ». Nous devions réfléchir sur ce thème et essayer de trouver une explication, une réponse, ce qui n’est pas des plus facile.

I. La recherche :

Elle a été effectué par nous deux sur le petit mois qui nous a été accordé. Nous devions nous organiser comme bon nous semblait, mais sachant que notre emploi du temps était limité aux heures d’études en commun, il a donc fallu travailler ce dossier principalement chez nous, ce qui n'a pas été très facile puisque nous n’avions pas beaucoup la possibilité de nous voir en dehors du lycée.

Nos recherches se sont principalement concentrées au CDI du lycée à travers des livres de cours de philosophie de terminal, d’ouvrages, et aussi chez nous dans certains livres, sur des CD-ROM et sur Internet.

II. L’élaboration du dossier :

Notre professeur nous avait donné un plan pour construire notre dossier.

Celui-ci était le premier de l’année. Les années précédentes aucun n’avait été fait. Nous n’avions donc aucun repère, aucune base pour démarrer, d’où notre appréhension à monter ce projet.

Pour y parvenir, nous avons mis en commun nos pensées, nos réflexions personnelles, qui ne divergeaient guère l’une de l’autre.

Cette situation était à la fois un avantage, avoir les mêmes pensées à pu nous permettre d’avancer assez vite dans la construction, la conception ; mais ce fut aussi un inconvénient car, comme nos opinions étaient semblables nous avons été restreintes dans le développement et dans la recherche d’idées supplémentaires pour alimenter notre dossier.

Dans premier temps, il a fallu chercher la problématique liée à au sujet, donc trouver une question en rapport direct avec celui-ci, pour pouvoir orienter nos recherches et notre développement vers la réponse à celle-ci.

Dans un second temps, il a fallu effectuer des recherches sur Internet dans des sites spécialisés en philosophie. Mais aussi dans des ouvrages du CDI car Internet ne ciblait pas toutes les diverses possibilités de réponses que nous aurions souhaités.

Une fois la collecte de documents terminé, nous avons commencé la rédaction du plan. Nous nous sommes aidées de nos connaissances et des citations relevées dans des ouvrages pour illustrer nos différentes idées.


LE  RAPPORT  CONSCIENCE  HUMAINE

ET  CONSCIENCE  ANIMALE

Le mot conscience vient du latin « cum scientia : avec science » qui signifie accompagné de connaissance ; c’est une perception, une connaissance plus ou moins claire que chacun peut avoir de son existence et de celle du monde extérieur. C’est un sentiment intérieur qui pousse à porter un jugement de valeur sur ses propres actes : bien ou mal. L’inconscience est au contraire l’ensemble des phénomènes psychiques qui échappent à la conscience.

Le terme « être conscient » est synonyme de « faire attention à ». De même « inconscient » est synonyme de « ne pas faire attention ». Dans la vie quotidienne nous nous en rendons compte lors de certains actes.

Sartre fait une distinction entre « être pour soi » c’est à dire que l’homme est conscient de son existence et de sa liberté, et « être en soi » qui est la nature, les animaux, les objets qui existent mais qui n’ont aucune conscience d’eux même.

Si nous réduisons l'homme à ses propriétés biologiques, cela revient à apparenter l'homme aux animaux que l'on définit eux aussi par ces mêmes propriétés. Dire que l'homme est un animal en tant que corps biologique, ainsi qu'il est le fruit de l'évolution des espèces, il n'en reste pas moins qu'il se distingue d'eux.

Mais en quoi la conscience de l’homme se distingue-t-elle de celle des animaux ?

Nous verrons dans un premier temps qu’il existe différents niveaux de conscience chez l’être humain puis nous étudierons les ressemblances et les divergences qui subsistent dans la conscience humaine et animale.

I. DIFFERENTS NIVEAUX DE CONSCIENCE.

  • La conscience passive : elle se caractérise par un « état », un ensemble de sensations vagues, superficielles, virtuelles. Comme un sujet anesthésié qui ne ressent pas ce qui lui est fait.
  • La conscience vécue non-réfléchie : c’est une conscience irréfléchie, sans pensée. Elle se situe dans un monde antérieur à la réflexion, à la connaissance et aux sentiments du moi.
  • La conscience réfléchie ou prise de conscience : elle implique un regard objectif sur le monde environnant et le « je » comme responsable. Il implique un certain rapport entre le monde et le « moi ».

Par exemple, lors de notre réveil nous passons par ses trois phases.

Lorsque l’on va se coucher, on est pleinement conscient que l’on veut dormir, de la position dans laquelle on se met et quand on ferme les yeux. Mais lorsque l’on dort, on bouge sans sans rendre compte (conscience passive) ; puis au réveil, on ouvre les yeux, mais se n’est pas un acte réfléchie, car quand on ouvre les yeux s’est que l’on est pleinement réveillé et qu’on ne l’était pas avant (conscience non réfléchie) ; après s’être tranquillement réveillé, on prend conscience de son état, de son environnement, de l’univers dans lequel on se trouve, puis de façon très consciente, réfléchie, les gestes que nous effectuons sont « calculés » (conscience réfléchie).

 

 II. LA CONSCIENCE DE L’HOMME.

Un homme est un être humain considéré par rapport à son espèce et aux autres espèces animales. Il est doué de l’intelligence et d’un langage articulé.

La conscience est définie par le fait qu’elle représente l’intuition à l’esprit de ses états et de ses actes réels et conscients. C'est à ce point de vue que peut répondre un extrait de La politique, d'Aristote. Livre I, Chap. 2. « Il n'y a en effet qu'une chose qui soit propre aux hommes par rapport aux autres animaux : le fait que seuls ils aient la perception du bien, du mal, du juste, de l'injuste et des autres notions de ce genre. »

Si nous suivons le point de vue d’Aristote, l'homme se distingue des animaux de trois manières : par la vie sociale, par le langage et par la conception du juste et de l'injuste.

1) L'homme est un animal politique.

C'est sa nature et sa différence avec les autres animaux. C’est à dire que l'homme vit en société, qu'il est sociable, que par nature il est disposé à vivre avec ses semblables.

On pourrait en dire autant de certains animaux, comme les abeilles ou les fourmis, qui elles aussi vivent en société et selon une organisation sociale complexe et efficace. Or, la socialité est présentée par Aristote comme une différence spécifique.

On pourrait aussi dire exactement le contraire et cela passerait aussi pour exact, à savoir que l'homme est un animal agressif, qui ne supporte pas tous ses semblables et qui n'hésite pas quelquefois à s'en prendre à eux.

Aristote ne parle pas de sociabilité, mais de politique : cela veut dire que l'homme par nature est l'être qui vit en société, c'est-à-dire non seulement avec les autres, mais surtout en fonction des autres, des règles sociales et politiques qui les définissent, le statut, les fonctions et la valeur de tous les individus par des lois qui se doivent d'être justes.

2) L'homme est un animal doué de parole.

Aristote après avoir montré que l'homme est un animal politique, il  invoque une autre différence entre l'homme et les animaux, différence qui est directement lié au fait qu’il soit un animal politique et dont le rapport est introduit par le principe souvent présent chez Aristote selon lequel la nature ne fait rien en vain.

L’homme est doué de la parole parce qu’il en a besoin pour communiquer, s’exprimer au sein de la société dans laquelle il vit.

L'homme n'est pas le seul être capable de communiquer puisque les animaux ont eux aussi cette faculté. La différence de communication entre les hommes et les animaux est la distinction entre la voix et la parole. Les animaux peuvent communiquer entre eux, mais ce qu'ils communiquent, c'est la douleur et le plaisir et non des idées, ce qui exige non pas seulement d'avoir une voix, mais d'avoir la parole. Or, l'homme, pour vivre en société a besoin de l'expression d'idées et pas seulement du plaisir et de la peine.

Il faut toutefois observer que si l'homme est doué de parole pour vivre en société, avec les autres, il ne devient en effet parlant que par la vie sociale : sans elle, l'homme a sans doute la faculté de parler, mais il ne la réalise, ne l'actualise que dans et par la vie sociale qui pour commencer lui impose l'usage d'une langue comme moyen d'expression et de communication de ses pensées.

D’après Aristote c’est parce que l’homme vit en société qu’il est doué de la parole. C'est parce qu'il est un animal politique qu'il a cet atout. Cette deuxième différence avec les animaux est subordonnée à la première en cela, que la parole est le moyen par lequel l'homme peut réaliser sa nature propre au sein de la vie sociale. Pour parler, il faut une vie sociale, pour avoir une vie sociale, il faut parler. Si l’homme ne pourrait pas exprimer ses idées, il ne lui serait d’aucun intérêt à penser.

3) L'homme est un animal qui a des idées du juste et de l'injuste.

Cette différence entre l'homme et les animaux, est directement en rapport avec la précédente : l'homme a des idées au sujet du juste et de l'injuste, idée qu'il élabore à partir de celles de douleur et de plaisir, puis d'avantageux et de nuisible. On passe donc de ce que l'on sent à l'expression de ce qui est utile ou nuisible, c'est-à-dire qu'on se met à dire ce qui procure l'une ou l'autre de ces deux sensations, à la suite de quoi on élabore les idées du bien et du mal, du juste et de l'injuste.

La conscience de l’homme se distingue par les opérations de la volonté, de l’entendement, de l’imagination, du sens, des pensées. L’homme pense, réfléchie, il a des avis, des opinions sur tout ce qui l’entoure d’où son besoin essentiel de la parole.

 

 III. LA CONSCIENCE DE L’ANIMAL.

Un animal est un être vivant, doué de mobilité, de sensibilité et dépourvu du langage.

L’animal n’a pas une conscience existentialiste, il n’a aucune opinion sur ce qu’il voit, ressent ce qui peut être juste ou injuste envers lui ou un autre. Il ne fait que subir ce qu’on lui impose. Il ne décide en rien de ce qu’il était, ce qu’il est et de ce qu’il sera.

Si nous reprenons une citation de Marx « L’homme ne se distingue de l’animal que par le fait que sa conscience prend pour le lui la place de l’instinct, ou que son instinct est un instinct conscient ». Nous pouvons en déduire que ce que nous appelons la conscience chez l’homme est équivalent à l’instinct chez l’animal. Lorsque qu’un homme a conscience qu’il y a un danger, l’animal lui le ressent mais aucun des deux ne l’exprimera de la même manière.

L’homme est doté de la parole c’est pourquoi il à un sentiment de « supériorité » face a toutes les choses qui l’entourent. Mais paradoxalement il a toujours une crainte de certains animaux comme l’ours, le lion ou le loup. Ceux-ci sont des animaux qui ne peuvent être apprivoisés, sur lesquels il n’a aucun pouvoir du fait que eux aussi se sentent les plus fort. Comme le lion est le roi de la jungle, l’homme est roi dans sa société.

L'homme est un animal politique, doué de la parole grâce à laquelle il peut communiquer, mais surtout exprimer des idées, que les animaux n'ont pas, celles du bien et du mal, du juste et de l'injuste. Sans esprit, sans raison et sans conscience, la parole de l’homme ne lui servirait à rien. Car il ne pourrait pas communiquer ses idées aux autres. Il en serait donc restreint à l’état animal.

C'est aussi le cas pour le philosophe Pascal, qui pour définir l'homme ne le compare pas aux animaux, mais cherche à imaginer de quoi on peut priver un homme sans le priver de son statut d'homme. « Je puis concevoir un homme sans mains, pieds, tête (car ce n'est que l'expérience qui nous apprend que la tête est plus nécessaire que les pieds). Mais je ne puis concevoir l'homme sans pensée : ce serait une pierre ou une brute. (…). » (Pensées, 339). Il nous dit par là que l’homme est le seul être vivant qui est doté d’une conscience existentialiste de ce qu’il est.

"Un homme qui ne penserait pas ne serait pas un homme, un homme sans idée ne serait pas un homme, un homme qui ne parlerait pas ne serait pas un homme."

 

BIBLIOGRAPHIE

  • « Textes philosophiques de Terminales », de André ROUSSEL (Nathan Technique).
  • « La philosophie de Terminales L- ES – S », de MAGNARD
  • « Dictionnaire de Philosophie », de G. DUROZOI et A. ROUSSEC
  • « Philosophie de la connaissance », de Roger MUCCHIELLI Collection des Guides pratiques (Bordas).
  • « Le petit Larousse » dictionnaire encyclopédique.

Sites Internet :

www.philagora.net

www.Cyberphilo.com

CD-ROM :

  • Encyclopedia Universalis
  • Multimédia Encyclopédique Larousse

 

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